Michel Coquard vit à Questravouille sur la commune de Saint-Molf, à proximité des ses śillets. Homme de conviction, c'est avec détermination et pratiquement contre vents et marées qu'il a choisi son métier de paludier dans la foulée du « retour à la terre » des années 1970. Etudiant en géographie dans ces années post-68, il participe activement à la première vague du mouvement écologiste, notamment dans la Presqu'île. Pour lui toutefois, l'écologie n'est pas seulement affaire de militantisme, mais c'est aussi un mode de vie. Alors que ses revenus de « pion » lui permettraient de passer tranquillement ses étés farniente, il apprend le métier familial et travaille le sel sur les oeillets de ses parents à Boulay. Géographie ou récolte de sel ?
Un des pionniers de la renaissance du sel de Guérande
En 1982, le choix sera ferme et sans retour. L'époque n'est cependant pas à l'enthousiasme pour ce métier délaissé par les anciens car il ne permet pas de vivre décemment. « Avec ma femme, (qui elle aussi récolte le sel) au début on vivait pratiquement d'amour et d'eau fraîche. » Ne croyez pas que ce choix ait réjouit ses parents. « Ils avaient un fils qui était allé à l'université, promis à un bel avenir et il abandonnait tout pour un métier de misère… Dans un premier temps, mes parents ont mal pris mon choix ».Un choix fait aussi par goût de la liberté et de l'indépendance mais pas seulement. « Avec le soleil, on travaille l'eau et la vase. Lorsque le sel cristallise cela a véritablement un coté magique. »
Avec Charles Perrault (paludier, puis directeur de la coopérative), il fait partie des pionniers qui créeront la coopérative du sel de Guérande. Une coopérative qui réunit des passionnés qui, il y a deux décennies, ont voulu relancer le métier. « Cela ne fait que 10 ans que l'on peut bien vivre du sel et cela ne s'est pas fait tout seul. C'est l'aboutissement d'un long travail collectif ».





Si aujourd'hui le sel fait vivre une famille décemment, il n'en a pas toujours été ainsi. Quelques pionniers on su à force de courage et d'abnégation redonner vie aux marais salants de la presqu'île guérandaise. Michel Coquard et sa femme qui récoltent le sel sur le bassin du Mès sont de ceux là.
Michel Coquard ou l'appel du sel